D'abondance, couleurs de nuit.

Les toiles de Corne se goûtent comme une écriture au sens plein du terme : sens et/ou sonorité, matière et/ou symbole.
Le moteur du travail, c'est l'amour. Son carburant : la mort, pas comme fin obscure, mais comme un aiguillon, comme un ami-adversaire qui vous pousse dans vos derniers retranchements.
L'ombre de Cravan, l'artiste-boxeur-provocateur, plane. L'art comme coup de poing. Fulgurance : peindre d'abord, on aura tout loisir de réfléchir ensuite.
Son histoire, c'est aussi l'histoire d'un clown aux grands pieds. Portrait de l'artiste en inadapté.
Il peint « avec des gants de boxe », comme on jouerait du violon les mains empêtrées. Ça rend les choses moins évidentes, mais aussi plus ardentes. D'où sa prédilection pour le fulgurant Nussbaum, à la fois expressionniste et allégorique. D'où aussi le cousinage avec Guston, le Bad-painter par excellence : gros godillots à clous, grosses paluches, bonshommes frustes, mais le tout artistiquement assaisonné.

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